La dernière abeille

Autrice : Bren MacDibble
Traduction : Valérie Le Plouhinec
Editeur : Hélium
Parution : 19 août 2020

Roman  - à partir de 9 ans - 192 pages.

De son titre original How to bee, La dernière abeille est le premier roman de Bren MacDibble à être publié en France. Autrice pour la jeunesse néo-zélandaise, Bren MacDibble a passé toute son enfance dans une ferme, tout comme le personnage principal de l’histoire, Pivoine. 

Âgée de dix ans, Pivoine vit dans la ferme fruitière de Broken Creek Road avec sa grande sœur Magnolia (dite Mags), son papy, et son meilleur ami Belpomme (dit BP.) Au sein de cette ferme, certains enfants sont chargés de chasser “la vermine”, les insectes parasites, tandis que d’autres obtiennent le rôle, très convoité, d’Abeille : il s’agit de monter aux arbres fruitiers avec un plumeau afin d’en polliniser les fleurs, et ainsi en obtenir les meilleurs fruits pour les vendre à la grande ville. L’autrice s’est inspirée de cette pratique que l’on peut observer dans le Sichuan, en Chine. 

Casse-cou et volontaire, Pivoine sait qu’elle sera bientôt choisie par le chef de la ferme pour devenir Abeille. Mais sa mère, partie travailler chez “les Urbains” pour y gagner de l’argent, emmène sa fille de force pour la faire travailler comme domestique dans une famille riche de la ville. C’est ici que Pivoine rencontre Esméralda, une fillette capricieuse et angoissée, avec laquelle elle finit par se lier d’amitié... 

Sous ces dehors un peu niais de prime abord (Broken Creek Road est une sorte d’Eden que l’on observe à travers les yeux de Pivoine, qui trouve que tout est “super-top-à-la-fraise”), La dernière abeille se révèle être une petite pépite, située entre le roman d’anticipation et le conte écologique. Bren MacDibble décrit une société divisée entre les Urbains, parmi lesquels l’industrialisation crée de grands écarts de richesse, et les fermiers, qui ont recours à la pollinisation artificielle faute d’abeilles. Elle écrit notamment des choses très justes sur le rapport aux choses matérielles et à l’argent : par exemple, en arrivant dans la famille riche pour qui elle doit travailler, Pivoine est très étonnée d’apprendre que “toute cette grande maison, c’est juste pour [trois personnes]”. Le contraste entre Pivoine, gamine de la campagne travailleuse, et Esméralda, pourrie gâtée et terrorisée par le monde extérieur, est frappant, et leur amitié d’autant plus touchante.

L’autrice met également en scène des relations familiales compliquées, par exemple entre Pivoine et sa mère ; celle-ci est obsédée par son rêve de mener une vie aisée à la ville et se retrouve exploitée par ses employeurs et son compagnon violent. Ce roman doit donc être lu par de jeunes lecteurs avertis.

La dernière abeille a reçu de nombreux prix littéraires en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Charlotte Guillon-Legeay

Mots-clés : écologie - abeille - insecte - fruits - science-fiction - aventure - pauvreté - famille