Les amours d’un fantôme en temps de guerre. Comité de lecture du 2à mars 2019

Ce roman graphique de Nicolas de Crecy connu pour ses BD a reçu le prix Vendredi, il est donc destiné aux plus de 13 ans.

Un jeune fantôme a brusquement perdu ses parents. Heureusement, comme dans tous les contes, l’orphelin ne reste pas longtemps seul,Boris, un cousin de sa mère vient le rassurer et lui servir de père de substitution quand il est en danger. Il connaît ses premiers émois amoureux avec Lili. Mais leur idylle se situe dans des temps troublés de guerre. Ses parents ne sont pas partis en voyage, comme il le croyait initialement, comme ceux  de Lili, ils sont pris dans le tourbillon de la guerre.  En effet, les Fantômes Acides font régner la violence et la haine et sont en quête de la pureté originelle. La Résistance s’organise. Le conflit est  féroce.

            Evidemment, le jeune fantôme et son oncle luttent contre les Fantômes Acides et affrontent bien des dangers. Après bien des aventures dans la Résistance, ce jeune fantôme va tomber amoureux d’une jeune fille qui consigne son histoire dans un journal. Mais la jeune fille disparaît. Les Fantômes Acides sont vaincus. La narration colle évidemment à l’Histoire de la Seconde Guerre mondiale, mais met en garde contre la montée des populismes. L’histoire des fantômes préfigure l’histoire humaine. D’autres thèmes sont aussi abordés : l’amitié, l’entraide, les premières amours. Des questions philosophiques sont implicitement ou explicitement posées : Peut-on mourir quand on est un fantôme ? Les morts communiquent-ils avec les vivants ?

Les illustrations à la plume et au crayon sont superbes et fourmillent de détails. Un personnage simple le fantôme, simple bout de tissu,  prend la lumière au milieu de décors très fouillés.

 

L’ouvrage peut se lire à plusieurs niveaux et s’adresse donc aussi bien aux ados qu’aux adultes. Le jeune fantôme pose un regard naïf sur le monde.  Cette figure permet de prendre une certaine distance par rapport aux humains. La réalité historique et la réflexion politiques implicites de cet ouvrage s’adressent davantage aux élèves de lycée que de collège. Il faut connaître les événements de la Seconde Guerre pour apprécier la richesse graphique de cet ouvrage.