Ça gratte / ça pue et La fille qui parle à la mer/Le garçon au chien parlant

Collection Boomerang : Cette collection propose de petits livres sens dessus dessous : deux histoires qui se croisent. A lire, puis à retourner.

 

Ça gratte ! / ça pue !

Auteur·rices : Raphaële Frier et Gilles Aubier
Editions : Rouergue
Sortie : 2020

 

     

Ici, il s’agit de deux auteur·rices différent·es, deux narrations à la première personne de deux personnage d’une même histoire.

Camille et Mathis sont élèves de deux classes qui se prêtent à une correspondance scolaire. Pour initier les échanges, iels doivent s’envoyer un présent fait de leurs mains. Iels ne débordent pas d’enthousiasme mais se prêtent au jeu à leur façon.

Dans les deux cas, le style est concis et va droit au but. On est intrigué par cette écriture à quatre mains, et on cherche à quel moment les deux se croisent. Le lectorat a les points de vue des deux personnages et leurs interprétations qui en disent long sur leurs personnalités.

Au-delà du plaisir intrinsèque de la lecture, cette collection peut être lue en classe, et faire l'objet de travaux autour des notions de points de vue, et de travaux d'écriture en binôme avec un sujet commun et deux points de vue.

Un bon moment dès 7 ans.    

Mots-clés : Points de vue, enfant, jeu d'écriture, écriture à quatre mains.

 

La fille qui parle à la mer/Le garçon au chien parlant

Autrice : Claudine Galea
Editions : Rouergue
Sortie: 2013

 

Une fille et un garçon se rencontre : lui vit au bord de mer, elle est réfugiée, le bateau sur lequel elle était semble avoir disparu.

Le garçon au chien parlant propose une structure et des procédés assez répandus : il parle à son chien, et celui-ci lui répond, comme une conscience, cette petite voix qui nous donne du courage. Néanmoins, le récit commence par une ellipse, qui sera élucidée plus tard : le petit garçon a rencontré cette fille, mais il ne sait pas ce qui relève du rêve ou de la réalité. On sent la curiosité, l’impatience, une forme de fascination qui se change rapidement en affection sincère.

Même s’il s’agit de narration externe, la focalisation interne de la narration du garçon est très présente : ce qui compte dans ce récit, ce sont ses sentiments, ses pensées. Le lectorat est dans sa tête, au plus près de ses réflexions internes.

Pour La fille qui parle à la mer, la focalisation interne est discrète. Le lectorat la voit de loin, elle semble subir tout ce qui lui arrive au début. L’exaltation des sens nous fait sentir ce qu’elle vit : le lectorat est immergé dans l’instant présent, dans la sensation de l’eau sur la peau, de la vision des couleurs, des sons qu’elle perçoit : le lectorat est dans son corps. Alors qu’on la croit soumise aux événements, on comprend qu’elle se fait toute seule : peu d’émotions sont transcrites quand elle apprend à nager, même si on sait combien c’est difficile : sa détermination est la clé de ce récit.

Pourtant, l’autrice ne nous leurre pas sur la gravité de la situation : sensations, souvenirs, et sentiments se bousculent à la fin du récit, rendant l’échouage du bateau palpable mais incertain comme le devenir des réfugié·es présent·es sur le bateau.

 

Mots-clés : réfugié, immigration, voyage, mer, bateau, relation fille/garçon

 

Sophie Buquet, Février 2020