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L’IDÉE DE L’UNIVERSITÉ
D’ÉTÉ DE L’INSTITUT INTERNATIONAL CHARLES PERRAULT EST NÉE DE NOTRE VOLONTÉ  DE PROMOUVOIR L’IMAGE POUR LA JEUNESSE, INDÉNIABLEMENT SOUS-ESTIMÉE DANS SES CAPACITÉS EXPRESSIVES TANT PAR LE PUBLIC QUE PAR LES PROFESSIONNELS.








 
 
ÉDITION 2007
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L'édition 2005

   
 


Retour sur la 2e Université d’été
de l’image pour la jeunesse


L’album, à la croisée des chemins.

En éveillant les médiateurs aux enjeux de la lecture d’image, nous entendons aider les jeunes à adopter un point de vue critique sur les images qui leur sont proposées ou qui sont présentes dans leur environnement culturel.

Le programme et les contours de l’Université d’été correspondent à l’histoire de l’Institut, qui a toujours lié le discours critique ou théorique et la création.
Ce regard sur la création nous a conduit cette année à orienter l’Université d’été sur le thème " Albums ! à la croisée des chemins”. La production contemporaine de l’album est marquée par une très grande diversité et le caractère hybride de ses publications. De nombreux créateurs passent avec aisance d’un médium à un autre et les livres mêmes sont le reflet d’interactions croisées entre l’album et l’affiche, la bande dessinée, les livres d’artistes ou encore les jeux vidéo.

La publication, en France, des albums pour la jeunesse de Neil Gaiman et Dave McKean, notre invité d’honneur, a rencontré une ouverture déjà impulsée par des créateurs comme Claude Ponti, Anne Herbauts, Katy Couprie, José Parrondo, Guillaume Dégé, Sophie Curtil et Milos Cvach... Tous, durant ces deux jours, ont porté un regard distancié sur leur création et ont su, avec une très grande générosité et une étonnante habileté, faire part de leurs démarches et de leurs points de vues sur la problématique qui était la nôtre.

Il nous fallait également rappeler le rôle important des éditeurs. Brigitte Morel nous a apporté son témoignage, elle qui travaille à la publication d’albums (d’abord au Seuil Jeunesse et maintenant chez Panama) depuis 15 ans. Annie Mirabel, des Trois Ourses a, quant à elle, offert son regard sur l’oeuvre de Bruno Munari, qui a si remarquablement envisagé le design au profit du livre pour enfants. Les Oiseaux de passage, L’Atelier du Poisson Soluble, Quiquandquoi réunis par Patrick Borione, interrogés sur leurs positionnements concernant le lectorat, ont montré leur passion pour la création. Du point de vue de la bande dessinée, le décloisonnement est maintenant acquis, revendiqué, voire défendu, comme nous l’a rappelé Yvan Alagbé de Fremok.

Les créateurs et les éditeurs présents lors de cette université d’été ont donc tous fait part de leur volonté d’ouverture, aussi bien concernant les différentes formes d’expression que la question du lectorat. Reste donc à en prendre la mesure du point de vue de la diffusion et de la médiation, le constat ayant été plusieurs fois exprimé de résistances à ces ouvertures et ces décloisonnements.

Du côté de la critique, il nous manque certainement aujourd’hui une réflexion théorique commune. Il est vrai que l’on pourrait souhaiter davantage de liaisons entre la théorie de la bande dessinée en plein renouveau et la théorie de l’album émergente. D’autant que les spécialistes commencent à posséder un regard élargi, en témoigne l’intervention de Jacques Tramson rappelant les origines communes et les interactions anciennes entre illustration et bande dessinée.

Peut-être nous faudra-t-il, pour ce faire, inventer de nouveaux termes pour désigner cette production regroupant album, illustration et bande dessinée. Le nom de littérature graphique a été avancé... le renouveau de la notion de roman visuel ou de roman graphique doit également nous interroger...

Il nous faudra de toutes façons poursuivre, les uns et les autres, à travers des articles, des colloques, des manifestations, des rencontres... toutes ces questions...

Mais, au-delà de ces appréciations liées à la problématique, la réussite de l’édition 2006 de l’Université d’été de l’image pour la jeunesse tient tout autant aux très nombreux échanges entre créateurs, éditeurs, spécialistes et lecteurs qui se sont tenus à la fois avec rigueur et convivialité.
Indéniablement, la configuration des lieux et la disponibilité des invités ont favorisé ces échanges qui nous apparaissent primordiaux tant ils permettent à chacun de progresser dans ses connaissances propres et de nouer des relations pour des projets futurs.
Notre volonté, pour la prochaine édition, est d’accentuer notre travail sur ces échanges, aussi bien dans leurs aspects théoriques que relationnels.

Sophie Van der Linden,
directrice de l’Institut international Charles Perrault