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Retour sur la 1ère édition
de l’Université d’été de l’IICP
L’image pour la jeunesse et ses supports.
L’idée de cette première université d’été de l’Institut international Charles-Perrault fut d’abord celle d’un temps et d’un lieu.
D’un temps en dehors du rythme effréné de l’année scolaire, un temps de réflexion qui ne soit pas celui d’un colloque scientifique mais plutôt d’un échange entre chercheurs, formateurs, professionnels, créateurs et médiateurs qui ont effectivement, durant ces deux jours du mois de juillet 2005, multiplié les approches et confronté leurs points de vues. Échanges aux travers des débats mais aussi grâce à la configuration des lieux et de leurs aménagements (exposition, salle de lecture, table de librairie, projections...).
Nous nous sommes donné pour thème l’image pour la jeunesse et ses supports. À la suite de notre colloque international de novembre 2004 (« L’Édition pour la jeunesse, entre héritage et culture de masse ») il s’agissait de prendre la mesure de la circulation des images pour la jeunesse sur différents supports tout en avançant plus particulièrement sur la question des modalités d’échanges entre les médiums, les effets de ces passages sur les formes, les styles...
Mais il nous fallait d’abord rappeler que cette question ne date pas d’hier, ce qu’à fait Annie Renonciat en montrant l’émergence de ces phénomènes dès le début du XIXe siècle. A contrario, la table-ronde sur les adaptations d’albums en films d’animation, grâce aux interventions croisées d’un créateur, d’un éditeur, d’un réalisateur et d’un médiateur, nous a fait percevoir quelques-uns des enjeux contemporains de ces productions. Et Nicolas Bianco-Levrin, illustrateur, accompagné de Julie Rembauville, réalisatrice, a pris le temps d’expliquer la démarche et de montrer en images (making-off à l’appui) une œuvre se construisant en interaction entre album et film d’animation. Les participants ont également pu plonger au cœur de la création multimédia dans les « médiations » d’albums sur CD-ROM de Murielle Lefèvre.
Au-delà, il était question, avec ce thème, de comprendre l’image dans sa relation propre au support. Ce que François Vié a abordé par un très riche montage d’archives audiovisuelles... Le fonctionnement particulier de certains types d’images a également été exploré, notamment par Thierry Groensteen, qui s’est risqué à poser la question de la définition de l’image de bande dessinée et de ses critères d’évaluation.
Recevoir des éditeurs comme Thierry Magnier et Elisabeth Lortic a permis de comprendre les différentes conceptions de l’image et du support et la manière dont elles se réalisent dans leurs publications tandis que les créateurs que nous avons reçus se sont exprimés avec précision sur la manière dont l’image se trouve, dès sa conception, en lien avec un support.
Face à un public majoritairement issu du livre, la rencontre avec les professionnels du cinéma d’animation Pascal Lemaire et Jean-Christophe Dessaint a ouvert de nombreux participants à des modes de création spécifiques et des réflexions sur l’image animée. De son côté, Yves Soulé, formateur en IUFM, a pu débattre avec le public des enjeux de l’éducation à l’image.
Mais la plus réjouissante illustration de ces échanges s’est certainement trouvée dans le concert de dessins qui a clos cette première université d’été, dans la confrontation fructueuse et féconde d’illustrateurs naviguant avec enthousiasme entre scène musicale et table à dessin...
Sophie Van der Linden,
directrice de l’Institut international Charles Perrault
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